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La quatrième partie des rencontres organisées par l’Eglise réformée d’Albi a été consacrée au témoignage de Pauline Bèbe, première femme rabbin en France.
Devant une assistance nombreuse et attentive Pauline Bèbe a ouvert cette fin d’après-midi avec beaucoup d’esprit : « La question Dieu a-t-il peur des femmes ? suscite une autre question : qui est Dieu ? Le « il » suppose un masculin. Dieu a-t-elle peur des femmes ? » « La Bible a diffusé l’idée du monothéisme mais Dieu a un aspect masculin. Aujourd’hui, peut-on garder cette idée tout en n’excluant pas les femmes de la spiritualité ? »
Un parcours historique nous fut proposé. « Les religions monothéistes présentent la création de l’homme et de la femme à partir d’un seul couple. » L’humanité a ainsi une source unique : « Toutes les personnes ont la même origine, et pourtant elles sont différentes : tous les êtres humains ont une dignité égale. » « Mais il y a deux textes de la Genèse. Pour le premier, homme et femme ont été créés à l’image divine. Pour le deuxième, la femme est créée après l’homme, à partir d’une de ses côtes » La femme est responsable de la chute du monde, en châtiment elle accouchera dans la douleur mais également « l’homme dominera la femme » (Genèse 3.16). Or il y a coresponsabilité d’Adam et Ève, Adam connaissant l’interdiction divine bien avant la création d’Ève. Si Ève est instigatrice du faux pas, on peut également dire que la connaissance du bien et du mal qui en a résulté est une avancée.
Dans le judaïsme, les interprétations reflètent cette dualité. Dès le premier siècle, époque de rédaction des midrashim, les explications divergent. Ainsi un texte explique que la femme est née de la côte de l’homme afin d’être modeste, alors que si elle était née de la bouche, elle aurait été bavarde, ou de la main, chapardeuse ! Mais à la même époque, un autre midrash rappelle que devant Dieu hommes et femmes sont égaux. Au Moyen Age Maïmonide (1135-1204) affirme qu’ « on ne doit pas enseigner la Torah aux femmes car elles pourraient transformer en vains bavardages la beauté de l’esprit », alors qu’à l’inverse, Rachi (1040-1105) pouvait écrire : « si les femmes désirent accomplir des commandements […] elles peuvent le faire et nul ne peut les empêcher »
Aujourd’hui, Les regards sexiste ou égalitaire ne suivent pas forcément les divisions du judaïsme (laïcs non religieux, orthodoxes, libéraux). Mais il y a un sexisme plus sournois qui considérant que « les femmes sont meilleures que les hommes, elles n’ont pas besoin de faire comme eux… ».
Après avoir répondu aux diverses questions de l’assistance, et non sans humour, Pauline Bèbe a conclus ainsi, répondant à la question « Dieu a-t-il peur des femmes ? » : « C’est à elle qui faut demander ! ». |
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