Christophe Jacon, pasteur à Brive et docteur en théologie, a commencé par questionner l’assistance quant aux représentations que les uns et les autres ont des écrits de Paul sur les femmes. Sont évoqués spontanément, le voile, la femme soumise, que les femmes se taisent dans les assemblées, le célibat, la tenue correcte, l’interdiction de l’enseignement.

 

Une lecture attentive et commentée de 1 Cor. 11 : 4-15 a permis de démontrer la réputation de « plus grand misogyne de la Bible » faite à l’apôtre Paul, était injustifiée.  « On a lancé des affirmations sans se soucier du contexte », explique Christophe Jacon. « Paul s’adresse aux Corinthiens, une communauté mêlant pauvres et puissants, hommes et femmes, Juifs pour qui le voile chez la femme marque l’appartenance à la communauté et une protection, et Grecs pour qui cette coutume est étrangère. » Si l’on observe la structure en miroir du texte, Paul oppose lui-même la subordination de la femme à l’homme à l’égalité des hommes et des femmes devant Dieu. « Le texte paraît contradictoire. En fait, il semble que Paul présente d’abord les arguments de ses adversaires (pour qui la femme doit être voilée) avant de les réfuter. C’est un procédé de rhétorique. »

 

« Dans le mouvement chrétien primitif, les femmes ont suivi Jésus car il les a libérées du carcan de la loi et du rôle que la société voulait leur imposer […] Il leur a permis d’entendre la parole de Dieu, de se libérer de l’autorité du père et du mari. Paul a continué cette œuvre. »

 
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Paul misogyne ou philogyne?