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Sans être nostalgique des temps anciens, et d'une église réformée qui a toujours pour mission de se réformer, on peut souligner la richesse du psautier huguenot, et sa capacité d'actualisation.
Le foisonnement de la production de nouveaux cantiques d'origines diverses, où se mèlent le meilleur et le pire, la difficulté rencontrée par nos assemblées pour chanter correctement, nous conduisent bien souvent à rechercher toujours du "plus moderne", du "plus rythmé", sans nous interroger sur le fond: et si nous apprenions d'abord à chanter en assemblée?
Par ailleurs, la multiplication des rencontres et célébrations interconfessionnelles nous font toujours choisir, pour chanter en ces circonstances des cantiques d'origine catholiques au prétexte qu'ils sont"oecuméniques". Or nous n'avons pas à rougir de la richesse de notre patrimoine quand celui-ci peut avoir une valeur universelle. Plus que d'autres institutions, le Psautier fait l'objet de fréquentes... réformes pour s'adapter à son temps, évitant un vieillissement prématuré.
Il faut également souligner que le Psaume "huguenot" (tout comme le choral luthérien) est le prototype du chant d'assemblée moderne. Les Réformateurs, en introduisant le principe du chant en langue vernaculaire ayant "une syllabe par note" et duquel est absente l'alternance de couplets et de refrains, ont voulu créer une hymnologie destinée à toute l'assemblée. A l'inverse de la pratique du chant ambrosien par l'église romaine qui, en introduisant l'usage de repons et de mélismes, réserve ainsi le chant d'église aux prêtres et aux chantres.
Il ne s'agit pas, bien sûr, de s'enfermer aujourd'hui dans une identité protestante, ni d'imposer un style d'hymnologie plutôt qu'un autre: la variété des cultures qui cohabitent dans nos églises est une richesse. Mais de re-découvrir des chants dont la modernité étonne malgré leur âge. En les écoutant, en les réinvestissant, nous changerons aussi nos habitudes de chant qui ont bien souvent alourdi, affadi et assombri des mélodies vivaces.
Il est évident que le texte du psaume chanté ne peut être qu'une paraphrase: il ne dispense pas de la lecture du texte biblique lui-même, lecture personnelle comme lecture publique: des outils appropriés existent pour approfondir cette lecture
Pour montrer l'évolution des paraphrases des psaumes, j'ai fait figurer le texte original de Clément MAROT ou de Théodore de BÈZE, parfois l'une des révisions de Valentin CONRART. Il serait contraire à l'esprit de la Réforme de chanter les psaumes dans un langage vieilli :il va de soi que nous devons utiliser aujourd'hui ces psaumes avec des paraphrases comtemporaines comme celles que nous propose R.CHAPAL dans les recueils Nos Coeurs te Chantent, Arc En ciel, le Psautier Français (l'intégrale!) , et plus récemment le recueil Alléluia (de la Fédération protestante). Par ailleurs, la mélodie, harmonisée à 4 voix, pourra être simultanément entendue (fichier mp3)
Pour celles et ceux que la question intéresse, une importante bibliographie figure dans l'ouvrage d'Edith WEBER. La Musique protestante de langue française; Paris, Honoré CHAMPION,1979. Par ailleurs, les notes d'introduction et de conclusion du "Psautier français" apporteront les éclaircissement nécessaires.
Bernard TOURNIER
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